Athlétisme: Le « plus beau titre » de Marie-Noëlle Jacquet
Le 06 mars 2007 - 11:08
« Je pensais au podium mais le titre, je n'osais l'espérer », sourit la sociétaire de l'ASFAS, Marie-Noëlle Jacquet, sacrée championne de France de cross court. La jeune femme évoque sa passion, au passé, au présent et au futur.
Marie-Noëlle Jacquet, licenciée à l'ASFAS (Fleury-Saran) depuis dix-huit ans, s'est offert son « plus beau titre », dimanche, à Vichy (Allier), en devenant championne de France de cross court, « sa » discipline. La jeune femme (31 ans) revient sur ses 3 km bouclés en 10'40'' « sur un terrain lourd », dresse un bilan de sa saison hivernale - où elle a aussi glané le bronze sur 1.500 m, aux « France » Élite en salle -, et parle d'avenir. Avec le sourire.
Un dimanche au sommet. « Je pensais au podium mais le titre, je n'osais l'espérer. D'emblée, je me suis sentie bien, j'étais dans le peloton de tête, en confiance. La première petite boucle s'est courue sur un rythme rapide, mais sans plus. La Marocaine (Meryem Chastel-Kirouani, 2e) ne m'a pas trop fait peur. Je l'ai bousculée, entre guillemets, une ou deux fois. Aux 800 m, j'y suis allée franco. Avant la dernière ligne droite, elle était encore sur mes talons, c'était flippant. Et puis, dans les 300 derniers mètres, il y a une montée d'adrénaline, on se dit qu'il faut que ça marche... Tous les gens de mon club ont mis beaucoup d'ambiance pendant la course, c'était sympa ! »
Son 9e titre national. « C'est le premier en cross, celui que j'attendais depuis longtemps. De loin, c'est mon plus beau titre, l'aboutissement de tout ce que je fais à l'entraînement. Le cross, ça correspond à mes premières compétitions, c'est affectif. Je n'ai découvert la piste qu'après. J'ai obtenu d'autres titres de championne de France, sur la piste, mais là il y a une autre saveur... Mon autre grand souvenir, c'est d'ailleurs ma troisième place sur cross court, il y a sept ans. » Sa saison hivernale. « L'an dernier, j'avais obtenu une médaille, en salle sur 3.000 m. Je ne pensais pas pouvoir faire beaucoup mieux. En cross, je m'étais plantée, j'étais cuite : la saison s'était étalée jusqu'au 12 mars. J'ai finalement mieux géré les choses cette saison. J'ai obtenu ce que j'espérais. À chaque échéance, il y a eu un grand bonheur. » Le mauvais souvenir. « Fin décembre, j'avais une carence en fer. Je me suis dit qu'à cette période de l'année, c'était mort ! Je me suis alimentée un peu mieux, ça s'est arrangé... » Les prochains objectifs. « Je suis encore sur mon petit nuage... Je vais m'octroyer un peu de repos. Cet été, j'aimerais bien descendre les chronos sur 1.500 m, sous 4'20'', et peut-être arriver en finale des championnats de France Élite. S'il y a moins de filles susceptibles de prendre le départ, pour cause de dopage, ce sera très ouvert. »
Le +. « Ma résistance... mais sur des courses inférieures à 5 km, en accordéon. Je suis capable de bien gérer les moments où ça va accélérer, parce que ça peut être du bluff, puis de me porter en contre-attaque... » Le -. « Je manque de confiance en moi, parfois. » Un rêve. « Chronométriquement parlant, me rapprocher des 4'15'' sur 1.500 m. Et si on décide un jour de remettre le cross, court ou normal, aux championnats du monde, ça me plairait bien de courir aux côtés des meilleures. » À l'horizon. « Ce n'est pas éternel... Quand on a les moyens, il faut se donner à fond, j'en profite. Professionnellement, j'aimerais me stabiliser, car je bosse à mi-temps. Travailler à temps plein, avec des responsabilités, sans traitement de faveur, ce ne serait pas incompatible avec un entraînement au quotidien... »
Laurent Boubault